Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 13:50

 

La parole aux anciens…

 

 Ce mois-ci, nous vous livrons l’interview de Christian Courtonne, qui fut l’un des premiers élèves de Sensei Kase et l’un des membres de l’équipe de France JKA entraînée par Sensei Kase jusqu’en 1976. Vous retrouverez l’ambiance de l’interview d’Hervé Guillot (cf. Le Mag n°2 p.17).

 

 FSK-Ha : La question rituelle ! Quand et comment as-tu rencontré Sensei Kase, arrivé en France en 1967 ?

 Christian Courtonne : J’ai rencontré Maître KASE en 1970, 3 ans après son arrivée en France, et comme pour la plupart des pratiquants de ma génération, cela s’est passé au  Karaté Club de France, rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris, club fondé par Henri Plé. Je m’étais d’abord inscrit à l’AFAM, à droite en rentrant dans la cour. Monsieur Chouk enseignait. Ce n’était pas particulièrement technique, mais par contre très réaliste car dirigé par un ancien éclaireur démineur de la guerre d’Indochine.

 

Au cours de cette première année, et bien que mon très bon professeur suffisait à pousser à fond mes petites capacités, nous rêvions de traverser la cour, de monter les trois marches, et de franchir la porte du sanctuaire : les fameux cours de Maître Kasé.

J’évoquais cette période il y a quelques semaines avec Jean Pierre Lavorato, et lui disais que les jeunes pratiquants que nous étions, étaient admiratifs lorsque nous voyions les anciens sortir du lieu mythique - Boutboul, Lavorato, Baroux, Desnoes - avec leur gueule d’acteur de cinéma américain, le kimono plié dans la ceinture en croix, négligemment posé sur l’épaule !

J’ai traversé cette cour en septembre 1970, et c’est là que la véritable expérience a commencé.

J’étais ceinture marron 3ème kyu. Maître Kasé y donnait 15 heures de cours par semaine. Le dojo était ouvert de 9 heures du matin à 10 heures du soir. C’était le paradis.

Le vendredi après midi, nous avions droit aux cours difficiles : 15h -16h ceintures marrons, 16h -17h tous grades.

Le cours de 15h était très dur ; c’est là que j’ai appris à sortir de mes limites dans des séries : une heure de mae geri, ou bien de oï tsuki ou bien de sobum tsuki, avec Kase Sensei dans les rangs. C’est là que j’ai senti pour la première fois les blocages de Sensei sur mes tibias et sur mes jambes, à me retrouver à l’autre extrémité du dojo après une projection à laquelle je n’avais rien compris.

Je ne connaissais pas toute la dimension du maître, mais il m’apparaissait jouer dans un combat comme un chat qui joue avec une souris. Je me suis aperçu par la suite que Maître Kase était en effet très facétieux. Il était très proche, très disponible, toujours souriant.

Parfois, un élève tombait : un ou deux quatsu, une bonne claque dans le dos, et la machine repartait. Nous n’étions que «3èm kyu » ! ! !,  et toujours la trilogie incessante : vite, bas et fort. Parfois nous n’étions que trois à ce cours, avec Lalande et Lebateux - que j’ai maintenant perdus de vue.

C’est là que j’ai approché le maître pour la première fois. C’était le début d’une longue histoire.

FSK-Ha : Tu étais capitaine de sa sélection, préparée aux « championnats combat JKA » de 1974 à 1976… De quoi s’agit-il exactement ?

CC : Kase Sensei était le chef instructeur de la JKA EUROPE et bien sûr, représentant la JKA en France. Il y avait tous les ans une coupe de France JKA, un championnat d’Europe IAKF, et tous les deux ans un championnat du monde. Cette aventure, car c’en était une, s’est déroulée de 1973 - date des premiers championnats du monde IAKF de Tokyo en 1973 - aux championnats du monde ITKF à Los Angeles de 1976.

J’ai participé à tous les championnats, sauf le dernier à cause d’une grave blessure au genou. Hervé Delage était le capitaine en 1973, je l’ai été de 1974 à 1976.

J’ai fait partie de ce que Maître Kase appelait sa « deuxième équipe », la première étant composée des personnes dont je parlais tout à l’heure.

Cette équipe n’est d’ailleurs elle-même qu’un groupe dans la galaxie Kase, car celle-ci est très grande.

 

Sur la photo prise par Franco Daloia, vous pouvez apercevoir la garde rapprochée du Maître au début des années 70. Sur la droite Camille Daudier, Hervé Delage (qui était au Japon capitaine de l’équipe), moi-même, Guillot, Daloia, Lancino, Kase Sensei, Gérald Dumont et au premier plan Michel Rousseau

Cette photo est prise lors d’un dîner dans un hôtel traditionnel de Kyoto, à l’occasion d’une tournée organisée par la JKA en 1973. Les historiens du karaté doivent savoir que la première équipe de France katas de tous les temps a fait sa première prestation à Tokyo en 1973, au BUDOKAN. Elle était composée de Daudier, Daloia et Delage.

 Les compétitions étaient d’une grande harmonie, et sans entrer dans le grand cérémonial SUMO, l’on sentait la réelle tradition guerrière samouraï.

 Nous formions un groupe comme maître Kase les aimait bien, où chaque combattant était « un » parmi les autres, sans phénomène de star qui l’agaçait profondément.

Nous faisions dans une même journée les individuels, combat et kata, et la même chose en équipe. Entre deux, nous avions le droit à de superbes démonstrations des Sensei Kase, Shiraï, Enoeda, Abe, Yahara, Mori. C’était l’âge d’or. 

 




 

FSK-Ha : Comment Sensei, à cette époque, vous préparait-il dans l’art de combattre ?

 

CC : Tout d’abord, il enseignait l’art du combat à des élèves qui avaient les bases, c’est-à-dire le corps formé avec des centaines d’heures de kihons, de katas ; la distance intégrée avec le Kihon Ippon puis le Jiu Ippon ; le punch avec un travail quotidien au makiwara et au sac. Au début de la formation, il insistait beaucoup sur les blocages. C’est d’ailleurs la philosophie du karaté : tout commence par un blocage.

 








Nous combattions plus entre nous en dehors des cours, que dans les cours.

 

Le combat libre n’était vraiment abordé que dans les cours ceintures noires et là, tout y passait : le changement de rythme, les enchaînements pied/poing, casser la distance, le « de aï » - l’attaque dans l’attaque - le changement d’axe.

 Un jour il m’a demandé, comme il l’a fait à une dizaine de personnes : «vous, possible venir cours matin.»  Cela voulait dire que vous entriez dans le cercle de ses instructeurs et là, un univers apparaissait, à raison de trois cours par semaine, rue Daguerre à Paris.

 

 

 

 

  
Par courtonne
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 12:29

 

Les lundi mardi mercredi de 10h à 11h nous n’avions qu’une idée : ne pas tomber. En effet le cours commençait par une prise en main d’environ 10mn de séries, « vite bas et fort », « plus vite, plus bas, plus fort » d’où nous sortions complètement asphyxiés. Puis le travail pouvait commencer…



 

J’étais à l’époque kinésithérapeute, et donc le soigneur du club. J’ai souvent ouvert la boîte à pansements, et posé du « steri trip » sur des arcades ouvertes.

Kase Sensei était très réaliste et aimait nous faire approcher du combat réel…






 

FSK-Ha : Pourquoi cette expérience a t’elle marqué toute ta vie ?

 

 

CC : Je pense que si je n’avais pas rencontré Sensei, mon parcours de karatéka se serait arrêté après la ceinture noire et quelques compétitions. Le véritable karatéka est celui qui pratique toute sa vie, disait-il.

 

Il m’a appris à combattre, et j’ai suivi ses conseils de stratège du combat dans toutes les circonstances, dans ma vie professionnelle comme dans mes expériences en politique.

Maître Kase m’a aussi fait découvrir un temple zen à Kyoto en 1973 et je suis maintenant ordonné « bodhisattva » ; il m’a appris l’harmonie du corps et de l’esprit (que j’essaie !), puis l’harmonie de l’homme entre le ciel et la terre.

C’est la structure d’une vie.




FSK-Ha : Et après 1976, comment es-tu resté en contact avec lui ? 

 

CC : Les stages de Paris étaient une véritable messe. Un simple coup d’œil quand vous alliez le saluer, et il savait si vous vous entraîniez bien, si vous étiez heureux. Il posait deux ou trois questions, disait quelques mots puis « bien, OK » avec un grand sourire qui signifiait que l’entretien était terminé.

Quelques échanges téléphoniques à l’occasion d’interviews que je faisais pour le magazine « Karaté Bushido » puis le magazine « Ceinture noire » - mon seul objectif était de servir le Maître - Le positionnement dans les journaux est aussi un passage obligé dans la société d’aujourd’hui.

Maître Kase aimait beaucoup avoir des nouvelles de ses élèves ; il était très proche et très attentionné.

 

FSK-Ha : Tu es l’auteur de trois livres[1] écrits entre 1995 et 1997 traitant de divers aspects de la physiologie du karate. La répétition presque à l’infini des mouvements et des katas est à la base de la pratique du karaté-do. Comment expliques-tu cela ?

 

CC : J’ai en effet écrit deux ouvrages sur l’anatomie et la physique du karaté car j’avais le sentiment que cela manquait. Ce ne sont pas les conseils de Christian Courtonne mais simplement l’explication détaillée des techniques traditionnelles élaborées par les maîtres. Le 3ème ouvrage est destiné aux débutants qui apprennent les katas.

Pour répondre à la deuxième partie de ta question, la répétition permet de créer le geste instinctif, le corps est préparé, mais  aussi le programme neuronal  dans le système nerveux central. Ainsi  quand la distance est bonne.



[1]  Anatomie du karaté, connaissance du corps  - Éditions Chiron, 1995 ; Physique et karaté, le secret de la puissance - Éditions Chiron, 1996  ;  J'apprends mes Katas  - Éditions Chiron, 1997.

 


 

et la décision de frapper intégrée, le geste est réalisé sans aucune volonté. Maître Kase disait qu’il faut 15 années de pratique quotidienne et sincère, pour arriver à ce résultat. Sur le plan philosophique, c’est une dimension du Zen Soto : 1000 fois la pointe de l’épée au même endroit, selon Maître Dogen. Cette dimension nécessiterait un ouvrage complet…

 

 

FSK-Ha : Cette pratique rigoureuse a-t’elle toujours cours ?

 

CC : A l’époque nous ne recherchions rien, nous étions simplement attirés par un maître, mais aussi choisis par lui et guidés. Le karaté est aujourd’hui - et c’est une triste banalité que de le dire - un sport parmi d’autres. Les préparateurs physiques vous expliquent qu’il ne faut pas tétaniser le muscle à l’entraînement par des séries, par des postures maintenues, car on perd en vitesse. Ils ont raison. Simplement un préparateur physique n’a pas à porter de jugement, sur l’entraînement d’un guerrier selon les règles du bushido.

Par ailleurs, et c’est encore le thème d’un ouvrage entier, l’homme doit se libérer du connu.

Maître Kase nous faisait accéder à un autre univers.

 

 

FSK-Ha : Tu dis ailleurs : « Le bushido est l’union du Zen et des arts martiaux. L’Occident les a séparés. Quel avenir ?»[1] Quelle est ta propre réponse à cette question ?

 

CC : La loi du guerrier est la loi selon laquelle le samouraï se prépare à mourir pour son Maître au cours d’un combat où il doit être parfait.

Maître Kase nous apprenait à dépasser nos limites dans le cadre de la transmission de la loi du Bushido, dans le respect d’autrui, en dominant mais aussi en contrôlant ; le contrôle/visage était pour lui essentiel.

 

Maître Kasé enseignait la loi du Bushido.

 

 

FSK-Ha : Es-tu toi-même instructeur aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’un vrai pratiquant selon toi ?

 

CC : J’ai enseigné de 1972 à 1979, et de 1985 à 1987 à Paris. J’ai repris mon bâton  en 2004 de pèlerin dans ma région d’origine à Angers en soutien technique à deux très bons professeurs, Fabrice Di Fallah au Karaté Timing Evolution et à Daniel Magestris au Karaté Club de l’Authion, à Beaufort en Vallée. C’est une véritable bouffée d’oxygène de voir tous ces élèves, jeunes et moins jeunes vouloir s’imbiber de karaté traditionnel, des vraies valeurs. J’ai beaucoup de plaisir à enseigner ce que j’ai appris et le message plait. Je m'entraîne aussi régulièrement avec Jean-Pierre Fisher, un ami de 32 ans dont j'apprécie beaucoup l’enseignement, la qualité et la sincérité de la pratique.

 

Dans l’article que m’avait accordé Shiraï Sensei, celui-ci m’avait déclaré : « je ne suis ici que pour transmettre ce que j’ai appris. » Quelle leçon d’humilité !

Un pratiquant est pour moi celui qui pratique, qui est toujours prêt à affronter un adversaire mentalement et physiquement quand celui-ci se présente, qui enseigne humblement, qui se réjouit des progrès de ses élèves, qui est heureux dans son karaté.

 

 

Merci Christian, pour ton témoignage et le partage des photos que tu as bien voulu nous confier…



[1]  Question posée à Philippe Coupey, moine zen et l’un des dirigeants de la mission de Maître Deshimaru. L’intégralité de l’interview est accessible sur : www.deuxversants.com/coupey.html

Par courtonne
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 12:35

ANALYSE D'UNE ATTAQUE INTERDITE
Articles de KARATE Bushido
Juillet-Août 2007 et Septembre 2007



























































































Par courtonne
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 16:05


Physique et karaté
Le secret de la puissance































Anatomie du karaté
La connaissance du corps

































J'apprends mes KATAS
Les bases du Karaté Shotokan

Par courtonne
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 17:38

OBJECTIF :
Casser ZIDANE physiquement


 

FIGURE 12 - ETAPE 1
Les deux joueurs attendent une balle aérienne. Fabio Cannavaro saute en avance.














FIGURE 13 - ETAPE 2

Fabio Cannavaro est en extension à son maximum de hauteur.Zidane prend ses appuis pour sauter.















FIGURE 14 - ETAPE 3

Cannavaro s’appui sur Zidane et l’empêche de sauter.

 
















FIGURE 15 – ETAPE 4
Cannavaro, grace à saprise d’appui sur Zidane, ne redescend pas et peut frapper le ballon.


















FIGURE 16 – ETAPE 5
Zidane commence sa chute.

















FIGURE 17 – ETAPE  6

Les deux joueurs ont chacun une trajectoire différente.



















FIGURE 18 – ETAPE 7
Cannavaro accroche et saisit volontairement Zidane
















 


FIGURE 19 – ETAPE
Cannavaro a violemment projeté Zidane au sol et termine son geste en contemplant les dégâts causés par attaque.











CANNAVARO aurait du être explusé à la 78ème minutes.
La FAILLITE de l'arbitrage.

Par courtonne
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 17:41
13 secondes de provocation scientifique sur 15 métres

OBJECTIF :
Blesser ZIDANE psychologiquement




FIGURE 21 – ETAPE 1
Impact moins 13 secondes

Materazzi accroche le maillot de Zidane en plaquant son pubis contre ses fessiers.

















FIGURE 22 – ETAPE 2

Impact moins 8 secondes.

Materazzi pose sa main gauche sur la hanche gauche de Zidane.

















FIGURE 23 – ETAPE 3

Impact moins 5 secondes

Materazzi suit Zidane en l’insultant.


















FIGURE 24 – ETAPE 4
Impact moins 1 seconde Materazzi poursuit jusqu’au bout sa provocation en se dirigeant vers Zidane.

Par courtonne
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