Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 19:33

ANATOMIE D’UN COUP DE TÊTE

 

 

 

 Cet  évènement a marqué l’année 2006, a été vécu en direct par des milliards d’êtres humains.

Cette action a plongé tous les spectateurs de cet acte extraordinaire( sortant de l’ordinaire) dans la stupeur et l’étonnement, faisant naître un grand nombre de questions auxquelles personne n’a apporté à ce jour de réponse objective., scientifique, si l’on peut parler de science pour traiter un comportement humain, autres que des réactions empreintes de déception, de colère, d’ironie, de rancœur, tout ce florilège de sentiments et de ressentiments qui ne suffisent jamais à traiter à eux seuls un évènements aussi significatif que celui-ci. Par quel cumul de causes un spectacle peut-il être présenté à la planète entière .Comment d’un simple coup de tête peut-on arrêter un athlète de 92 kilos, le faire reculer de 50 centimètres, et le faire décoller de 20 centimètres. Pourquoi, dés l’instant ou la décision de riposter est prise,  l’épargner, et ne pas placer cette attaque fulgurante 30 centimètres plus haut , ce qui aurait pu causer des dégâts certainement irréversibles

 

Ce chapitre n’a pas pour objectif de juger l’opportunité de l’action, de dire si ZIDANE a eu raison ou tort d’agir comme cela. Celui-ci a pour simple objectif de décrire scientifiquement l’attaque physique que  ZINEDINE ZIDANE a portée au joueur de football italien en  réponse à une insulte profonde, et d’analyser l’arbre des causes qui a provoqué cette action.

Nous verrons tout d’abord la préparation du geste. Sur deux pas en reculant, ZIDANE absorbe MATERAZZI, effectue un changement de garde et frappe : quatre secondes entre la décision de frapper et le choc.

Puis ensuite, nous analyserons la puissance du coup de tête, et nous verrons ce à quoi MATERAZZI a échappé. Il pourrait à ce jour être mort ou en fauteuil roulant. Nous démontrerons qu’il a été épargné par ZIDANE,  simplement humilié, fort heureusement pour les deux protagonistes.

Nous expliquerons les causes multiples qui ont, selon nous, conduit ce géni a changé de système de références. Pour cela, nous voyagerons dans circonvolutions cérébrales de l’être humain, le TAO, et l’éthologie martiale.


 

 1     ATAMA ATE L ATTAQUE DU COUP DE TETE

 

Si les spectateurs de ce match ont été surpris par cette attaque magistrale, il faut savoir que les professionnels du combat et des arts martiaux ont eux aussi été interloqués par la fulgurance et l’incroyable efficacité de ce coup. Tout dans le déroulement de celui ci est parfait, les appuis, le timing, l’utilisation du poids du corps, le positionnement du cou, l’équilibre qui aurait pu permettre une série d’enchaînements au pied ou au poing, la sortie de la zone d’affrontement  Zidane Le talent qu’il exprime dans le football aurait aussi pu s’exprimer dans des disciplines martiales. Zidane nous avait déjà démontré son spectaculaire Mawashi geri (coup de pied circulaire)  à l’occasion d’une finale  européenne avec le Real Madrid. La cible était une cible plus traditionnelle sur un terrain de football, c’est à dire un ballon. Il est vrai que cette fois-ci, c’était le sternum d’un adversaire insultant. Nous allons découvrir tout au long de cet article l’extraordinaire similitude entre les techniques et les positions du karaté traditionnel, et les gestes instinctifs de cet homme  qui a porté cette attaque stupéfiante. Nous allons voir aussi que ce geste n’était nullement destiné à blesser ce gaillard de 92 kilos et d’un mètre 93 centimètres, mais simplement de l’humilier de le jeter à terre d’un coup de tête, et de démontrer qu’il était épargné. . Tous les véritables professionnels du football ont saisi toutes les nuances de geste. Le public pas encore. C’est pour cela qu’il fallait que les passions  et les pulsions se calment avant de publier cette étude. ZIDANE avait de toute évidence quitté  le domaine du geste volontaire et n’était guidé que par le cerveau limbique dans une union parfaite du corps et de l’esprit , cette partie de nous même lui qui a permis à l’homme de survivre au milieu de toutes les espèces hostiles vivant sur terre d’assurer sa descendance, de survivre.

 

 Le même geste porté 30 centimètres plus haut, MATERAZZI serait certainement mort ou en fauteuil roulant. ZIDANE a touché une région sans risque  majeur pour MATERAZZI, mais c’est lui qui a pris un risque en tapant avec une partie du corps fragile, l’os frontal qui protège le cerveau. Nous verrons aussi pourquoi selon nous ZIDANE est passé dans un autre univers qui échappe en partie à ce que l’on appelle aujourd’hui, la raison humaine.


1.1       L ATTAQUE

 
Les zones d’impact

 

Les zones d’impact sont sans risque pour les deux protagonistes

 

Zidane frappe avec l’os frontal . Pour un footballeur entraîné à la frappe de la tête , le risque, sans être inexistant est modéré( figure 25 et26)

 

Materazzi reçoit l’attaque à la jonction 2/3 supérieur , 1/3 inférieur du sternum.’figure 27 et 28) Nous verrons qu’il n’y a aucun point vital, et que Zidane a choisi de ne pas frapper au niveau du cœur, ce qui aurait pu être fatal au joueur italien.

Par ailleurs, la cage thoracique est souple et peut subir des déformations qui ont absorbé l’onde de choc.

 

 

La préparation

 

Dans toute attaque la préparation est essentielle. Celle-ci est parfaite.

Ce qui surprend lorsque nous observons la vidéo image par image, c’est l’implacable détermination de ZIDANE dés l’instant ou il est touché dans ses valeurs  par les paroles de MATERAZZI.

Notons que le français est à cet instant victime d’une provocation méthodique et appuyée depuis 9 secondes (voir prologue) C’est aussi son regard ; Dés l’instant ou il se retourne, il prend le regard de MATERAZZI dans les yeux,  et , mis à part le moment du choc ou il baisse la tête, il ne le lâchera que 3 secondes plus tard, lorsqu’il sera sorti de l’attaque, après l’humiliation. Ce sont deux caractéristiques du vainqueur quelque soit la discipline,  la détermination et le regard.

Pour les déplacements, c’est la technique bien connue de tous les combattants toutes disciplines confondues, celle de l’absorption.

ZIDANE s’éloigne de MATERAZZI en petites foulées. Il est à environ trois mètres de celui lorsqu’il entend l’insulte et dans le même temps sans aucune réflexion, le geste d’humiliation est programmé,  avant qu’il ne tourne la tête. Celui-ci se produira si Materazzi continue sa stratégie indigne pour le français.

 

Figure 29 étape1

La décision de riposter est prise .ZIDANE tourne la tête et attrape le regard de MATERAZZI .Il en profite pour évaluer la distance, le MA en karaté.

Zidane garde tout son calme et ne se rue pas sur son adversaire

L’attaque interviendra si Materazzi continue d’avancer.

 

 

Figure 30 étape 2

Zidane continue d’avancer son pied gauchet en se retournant et se place, geste étonnant en position Kokutsu- Dachi haute.

La position Kokutsu Dachi est la position ou 70 % do poids du corps est placé sur la jambe arrière les pieds étant perpendiculaires.(photo 12)

Etonnant aussi l’ analogie avec les propos de maître KASE qui expliquait un jour, que dans les années 1940 au Japon, la position Kokutsu Dachi était utilisée uniquement pour reculer et la position Zen Kutsu Dachi ( poid sur la jambe avant) pour avancer.

En effet  ZIDANE démontre que par Kokustu Dachi , il est possible de stopper sa course et d’organiser son corps. C’est une position de prise d’appuis. Nous ne sommes pas là dans un discours théorique que l’on entend dans un dojo, mais dans le réel.

Il est intéressant de noter que ZIDANE regarde pour l’unique fois avant le choc la cible qu’il a instinctivement choisi, la partie inférieure du sternum de MATERAZZI. Instinctivement, il règle le niveau de l’attaque ;

Nous verrons plus tard que c’est ce regard fugace qui sauve Materazzi

Dés ce moment tout est programmé. Il sait où sera la cible qui est  à cet instant au niveau de son pied arrière. Il lui suffit de reculer d’un pas, et d’attendre que Materazzi avance pour le cueillir.

Le parfait contrôle de Zidane est ici remarquable.

L’attaque n’aura lieu que si l’italien continue d’attaquer.

 

Figure 31étape 3

Son corps est équilibré .Il recule son pied droit et se place en position Zen -Kustsu dachi haute, jambe gauche avant. Sa position est pure, le pied arrière étant dans l’axe du corps pour pouvoir avancer avec une efficacité maximum.(photo 13)

 

Figure 32 étape 4

Pour absorber, il doit encore reculer d’un demi pas. Il recule le pied gauche au niveau du pied droit et il se place alors, attitude étonnante, en position Heisoku dachi, pieds joints, chevilles et genoux légèrement fléchis 

.Une différence toutefois avec la position traditionnelle (photo 14) ou le corps est droit, ZIDANE se penche légèrement en avant afin de donner plus de vitesse à sa tête à l’étape  suivante MATERAZZI est toujours pris dans les yeux  par ZIDANE et continue d’avancer.

Cette étape est vraiment le tournant de la finale de la coupe du monde 2006,, car , après 12 secondes d’insultes, Zidane a toujours gardé tout son calme

C’est Materrazi qui décide de franchir la zone fatidique, le trait rouge représenté sur le schéma. ;

Il le sait très bien , c’est l’aboutissement de 12 secondes de provocation continue.Il a enfin amené Zidane sur sur le terrain de rite de provocation animal, auquel celui va enfin répondre.

Le lecteur a bien noté que jusqu’à maintenant, Zidane a toujours reculé dans un souci d’apaisement.

Il n’avancera que d’un demi pas., en 3 dixiémesI de seconde.

 

 

Figure 33 étape 5

Le point d’impact est alors à mi-distance entre ZIDANE  et MATERAZZI .Le pied gauche de ZIDANE reste fixe et, dans le même temps ou le corps se déséquilibre légèrement en avant  .ZIDANE avance son pied droit .Tout est instinctivement calculé pour la suite et la fulgurance et la puissance de l’action  sont le résultat  de la somme de tous ces gestes parfaits.

Materazzi avance la jambe gauche , donc Zidane avance la jambe droite.

 Car là, et nous le verrons dans les étapes suivantes, le genou droit de ZIDANE est placé exactement dans l’axe central de son adversaire, ce qui va lui permettre au cours la chute de celui de se placer entre ses jambes, avec toutes les conséquences pour les attaques du genou, du tibia ou du pied  qu’il aurait pu porter dans le bas ventre de son adversaire.

Par ailleurs ce déplacement est exactement le changement de garde qui est étudié dans le Kata EMPI, un kata avancé du karaté  shotokan  ( Shuto- Uke gauche puis droit en Ko- Kutsu Dachi en changeant de garde)

Et toujours le regard fixé dans les yeux de MATERAZZI

 

 

L’attaque

 

Figure  34 étape 6

A partir de maintenant tout va aller très très vite et Materazzi  n’a pas  le temps de comprendre ce qui arrive.

L’attaque dure 3 dixièmes de seconde. Elle est quasiment imperceptible a l’œil nu et personne ne l’a vue.

Zidane propulse tout son corps pour que la partie supérieure de son os frontal percute avec la vitesse maximum  le sternum de l’italien. Tout se produit en même temps : la flexion de la tête, l’enroulement des épaules, la flexion des bras en avant, l’extension de la jambe arrière, la flexion de la jambe avant. C’est une explosion.

 

Figure 35 étape 7

Quelques centimètres avant le choc. MATERAZZI n’a encore rien vu venir et regarde toujours droit devant lui comme si ZIDANE n’avait pas déclenché son action. C’est une preuve de la fulgurance de l’attaque

 

Figure 36 étape 8

C’est le choc .Nous parlerons dans le prochain paragraphe de la puissance et de la vitesse de celui-ci. .

Ce qui est intéressant c’est de voir qu’au moment du choc ZIDANE ajoute deux composantes pour augmenter la vitesse et donc la puissance. C’est tout d’abord une puissante  flexion de tronc grâce au travail des muscles abdominaux, et une extension de la jambe arrière, y compris de la cheville par une contraction du triceps sural, le mollet, mais bien sur aussi du quadriceps et du grand fessier pour l’extension de tout le membre inférieur.

C’est le type même de l’attaque pénétrante  .ZIDANE augmente encore sa vitesse au moment du choc et applique encore là une recette du karaté réaliste tel que l’enseignait Maître KASE pour frapper avec le KIME : imaginer que l’on frappe dix centimètres derrière la cible et , dés l’instant ou on touche la cible, augmenter sa vitesse et sa force .

MATERAZZI est propulsé en arrière, il recule de 50 centimètres, décolle de 20 centimètres.

 

Figure 37 étape9

Materazzi est projetté en arrière

 

Figure 38« _ étape 10

Materazzi recule de 50 centimètres

 

L’humiliation

 

Figure 39 étape11

C’est l’étape de l’humiliation

Materazzi est en suspension à 40 centimètres du sol, short béant, et Zidane est debout entre ses jambes, dominant.

Cette  situation d’humiliation n’est pas un hasard, mais le fruit d’une préparation minutieuse, instinctive, instantanée.

En effet, rappelons nous qu’à l’étape 5, ZIDANE avance sa jambe droite dans l’axe du corps de MATERAZZI . Ainsi il fait décoller MATERAZZI et le propulse en se plaçant dans son axe, donc entre ses jambes. Nous verrons dans le chapitre sur l’éthologie martiale la symbolique de cette position que vous devinez certainement.

A cet instant, MATERAZZI a un réflexe qui aurait pu lui coûter une fracture du poignet, car il se réceptionne sur cette articulation. Une première leçon de judo commence en effet par la chute arrière au cours de laquelle on apprend que le bras doit frapper le sol sur le bord cubital.

ZIDANE reprend alors instantanément MATERAZZI  dans les yeux et montre qu’il aurait pu enchaîner un TSUKI droit (coup de poing direct) au niveau du visage. C’était un enchaînement programmé, mais non réalisé.

Nous verrons d’ailleurs dans un chapitre ultérieur tout ce à quoi MATERAZZI a échappé.

ZIDANE réalise à cet instant une autre prouesse technique. Il tend brusquement sa jambe droite et freine net sa course. C’est comme s’il plantait sa jambe droite dans le sol pour stopper le mouvement de son corps. Ce n’est en effet pas évident de stopper 78 kilos à plus de 25 km/h, même si le plus grande partie de l’énergie cinétique potentielle a été absorbée par  un adversaire, ou a servi à le projeter.

 

 

 

Figure 40étape12

Réception de Materazzi au sol.

ZIDANE reste debout entre les jambes de MATERAZI qui touche alors complètement le sol. ZIDANE est  toujours entre les jambes de MATERAZZI.

 

Figure 41 étape13

.

Dés qu’il le peut ZIDANE sort de la zone d’affrontement. Il ne lâche pas MATERAZZI du regard. Celui-ci ne sait toujours pas ou il a été touché.Il se tâte le visage

 

 

Figure 42 étape14

L’acte d’humiliation est terminé.

 

MATERAZZI commence à ressentir les effets du choc au niveau de son sternum. .Il se place alors dans la position de l’homme blessé, dans la position foetale.

ZIDANE ne lâche toujours pas MATERAZZI du regard. Il est sorti de la zone d’affrontement

A peine 4 secondes se sont écoulées entre la décision et l’humiliation.

 

Nous allons maintenant étudier la puissance de cette attaque, et tout ce à quoi MATERAZZI a échappé, ce qui nous permet d’affirmer que celui-ci a été humilié , et épargné, encore une fois fort heureusement pour les deux protagonistes.

Par courtonne
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