Partager l'article ! 8ème Partie - ZIDANE ET MACHIAVEL: e QUELQUES QUESTIONS A ce stade de la présenta ...
Christian COURTONNE
présente son dernier ouvrage
ZIDANE ET MACHIAVEL

Berlin 9 juillet 2006
France-Italie
Finale de la Coupe du Monde de Football
Pour contacter Christian COURTONNE : zimac@laposte.net
Ouvrages précédents de Christian
COURTONNE
e QUELQUES QUESTIONS
A ce stade de la présentation nous devons nous poser deux questions
Comment s’articulent les émotions liées à la survie de l’espèce qui naissent dans le « cerveau primitif », thalamus, hypothalamus, système limbique et celles plus élaborées qui naissent dans les aires associatives du cortex cérébral.
Comment se décide le comportement qui en découle, le geste primitif programmé par le cerveau primitif, ou le geste appris élaboré par le cortex.
Mais au avant d’aller plus loin dans notre raisonnement, il est utile de présenter des observations présentées par le professeur CHANGEUX dans l’ouvrage sus cité, Celle ci nous apporteront des éléments de réflexion sur notre interrogation. Pourquoi ZIDANE a t il donné un coups de tête .
Des expériences réalisées dans les années 30 sur le chat ont démontré qu’une excitation de l’hypothalamus entraînait des réactions de colère. Celui-ci arque le dos, hérisse le poil crache et est agressif sur tout ce qui bouge. Cela signifie donc que l’hypothalamus lui-même, a un pouvoir de provoquer non seulement des émotions, mais un ensemble de gestes. Ainsi des programmes de gestes de survie partent directement de cette zone.
L’on sait aussi qu’un chat privé de cortex cérébral est capable de marcher, de courir, de grimper, et d’attaquer des objets en mouvement qui peuvent le mettre en danger.
Le coup de tête de Zinedine Zidane présente les caractéristiques à la fois du geste primitif de domination d’un mâle mammifère sur un autre, dicté par l’instinct de conservation de l’espèce après une insulte à l’environnement familial féminin, et celle d’un admirable geste technique qui lui ne peut que faire intervenir des cartes cognitives situées dans les aires motrices du cortex, cette matière grise qui entoure le cerveau.
1 b LA MOELLE EPINIERE
C’est une tige cylindrique de couleur blanche située dans la colonne vertébrale, entre le bulbe du tronc cérébral. Elle se termine dans le sacrum par le filum terminal Sa longueur est de 45 à 50 centimètres. De chaque coté de celle-ci naissent 31 paires de nerfs rachidiens.
Pour comprendre le mécanisme du geste volontaire ou involontaire qui nous intéresse dans ce chapitre, il faut simplement retenir que toute les instructions données par les fonctions supérieures passent par ce canal.
2 LE SYSTEME NERVEUX PERIPHERIQUE
Quelques mots seulement afin que la présentation du système nerveux soit complète. En effet, quelque soit le mode de commandement, les réseaux de circulation de l’information dans le corps sont les mêmes.
Le système nerveux périphérique est formé par des regroupements de cellules nerveuses, les nerfs.
Les nerfs connectent le cerveau et la moelle épinière aux capteurs et aux effecteurs périphériques. Il existe deux sortes de nerfs..
Les nerfs crâniens qui connectent le cerveau aux capteurs et aux effecteurs.
Les nerfs rachidiens, qui connectent la moelle épinière aux capteurs et aux effecteurs
On entend par capteur ou afférent toutes les voies entrantes ou sensitives.
On entend par voie efférentes toutes les voies sortantes ou motrices
B LE SYSTEME NERVEUX AUTONOME
Le système nerveux autonome régule les fonctions involontaires. Il joue un rôle important dans l’équilibre de toutes les constantes du corps (l’eau , les sels minéraux , le glucose etc…)
Celui ci est régulé par des centres du système nerveux central et en particulier par l’ hypothalamus, siège des émotions et des réflexes de survie. Les émotions produisent des changements importants dans les fonctions corporelles autonomes. Ainsi, la colère, la peur augmentent l’activité su système sympathique. C’est la réaction primaire face au danger, le fameux « fight or flight». des anglo saxons.(combats ou fuis)
Le système nerveux autonome conduit les influx nerveux du système nerveux central vers les effecteurs viscéraux( muscle cardiaque muscles lisses, glandes endocrines)
Il existe deux systèmes nerveux autonomes
:
Le système nerveux sympathique
-Le système nerveux parasympathique
1 Le système nerveux sympathique
Les neurones de ce système sont situés dans la moelle épinière au niveau dorsal et lombaire haut.
C’est le système qui se met en action face au danger, et qui entraîne un certain nombre de réactions involontaires. Nous allons procéder à une énumération de celles-ci. :
Accélération de rythme des battements du coeur, rétrécissement des vaisseaux sanguins pour augmenter la tension artérielle,, mise en sommeil de toutes les fonctions digestives, dilatation des pupilles augmentation de la sécrétion d’adrénaline, de la transpiration, phénomène de la « chaire de poule »
C’est la préparation du corps au combat . Le système sympathique est en activité durant les efforts sportifs. Il se met en action à l’occasion des agressions physiques comme des agressions verbales. Toutefois, nous verrons dans la partie consacrée à l’éthologie martiale, qu’il existe dans des circonstances paroxystiques deux sortes de comportement.
2 Le système nerveux parasympathique
Les neurones sont situés dans le tronc cérébral et au niveau des vertèbres cervicales.
Ce système ralentit les battements du cœur. Il contrôle les fonctions digestives et d’excrétion.
C COMPOSITION DU SYSTEME NERVEUX ET CIRCULATION DE L’INFLUX NERVEUX
La vie d’un être humain tient à très peu de chose. Quelques grammes de potassium, ou de sodium, ou d’insuline etc… suffisent à faire basculer une vie.
Il en est de même pour le comportement de l’homme. Quelques grammes de dopamine, d’adrénaline, de sérotonine, et les réactions de l’homme sont modifiés.
Le comportement de l’être humain est en effet conditionné par la chimie.
Nous allons voir maintenant que la circulation de l’influx nerveux dans le système nerveux central est réalisée grâce à la sécrétion de substances chimiques au niveau des synapses des neurones, les neuro transmetteurs.
Tout d’abord, nous allons faire un rappel sur la composition du système nerveux
1 composition du système nerveux
Le système nerveux est composé de milliards de cellules enchevêtrées et liées entre elles par des connexions, formant ainsi des millions de toiles d’araignées.
Il existe deux types de cellules : les neurones ou cellules nerveuses et les cellules gliales ou cellules support, qui sont l’intendance des cellules nobles.
Les neurones
Ce sont les unités fondamentales du système nerveux.
Chaque neurone est composé des éléments suivants :
-Un corps cellulaire composé comme toutes les cellules d’un cytoplasme et d’un noyau entourés d’une membrane plasmique
- Les dendrites sont des prolongements du corps cellulaire. Ils transmettent l’influx nerveux au corps de neurone et à l’axone.
-L’axone ou cylindraxe est un prolongement unique qui provient du corps cellulaire. La longueur de l’axone est variable et peut parfois atteindre 1 mètre. L’axone se termine par un petit renflement qui s’articule sur un autre axone ( celui d’un capteur d’une cellule nerveuse ou musculaire). L’espace entre les deux cellules nerveuses s’appelle l’espace synaptique. C’est dans cette articulation que se transmet l’influx nerveux d’une cellule à l’autre.
Certains axones sont recouverts d’une gaine blanche, la myéline. Ce sont les cellules de la matière blanche du système nerveux central et du système nerveux périphérique
Les axones sans myéline sont de couleur blanche grise, d’où le nom donné à la matière grise du cerveau.
Il existe trois types de neurones :
Les neurones afférents ou sensitifs qui transmettent les influx moteur des différentes parties du corps vers la moelle épinière et le cerveau.
Les neurones efférents ou moteurs qui transmettent l’influx nerveux moteur du cerveau et de la moelle épinière aux muscles et au cerveau.
Les inter neurones qui conduisent les influx nerveux des neurones sensoriels aux neurones moteurs.
Les cellules gliales
Un mot sur ces cellules support dont le rôle a été mésestimé. Longtemps considérées comme des cellules chargées de l’entretien et de la protection des neurones, elles auraient aussi un rôle dans la mémoire de l’espèce et participeraient à la circulation de l’information.
2 l’influx nerveux ou l’ homme sous la dépendance de la chimie
L’information circule dans le système nerveux grâce à l’influx nerveux, cette onde électrique qui se propage sur la surface de la membrane plasmique du neurone. L’influx nerveux est comme une étincelle qui grésille le long d’une mèche.
La propagation des informations se fait comme l’électricité dans un circuit électrique. Lorsque que l’on appuie sur le commutateur, le circuit est mis en route et la lumière s’allume De la même façon, le neurone lorsqu’il est excité par un stimulus, produit un influx nerveux qui va produire des effets différents selon les chemins qu’il emprunte.
Cette propagation de l’influx nerveux est à la fois un phénomène chimique et un phénomène électrique.
-le phénomène électrique
La membrane de chaque neurone au repos a une charge légèrement positive à l’extérieur et légèrement négative à l’intérieur. Lorsque la membrane est stimulée, l’intérieur devient positif et l’extérieur négatif. Puis cette section de membrane revient à son état normal mais ce changement stimule la section suivant de la même manière. Ainsi l’onde de l’influx nerveux s’auto propage et voyage dans une direction sur la surface du neurone (pour les amateurs de chimie ce phénomène est induit par des différences de concentration entre les ions na+ K+ et cl –, sodium potassium et chlore)
La vitesse de circulation de l’influx nerveux varie entre 1.6 kilomètres heures pour les fibres recouvertes de myéline, et peut atteindre 640 kilomètres heure pour les fibres myélinisée de gros diamètre.
-le phénomène chimique
Les phénomènes chimiques se manifestent au niveau des synapses.
Une synapse comprend :
- Le bouton synaptique, qui est un renflement à l’extrémité du neurone pré synaptique. II est
composé de vésicules qui contiennent les neurotransmetteurs.
-La fente synaptique et un espace très petit dans lequel va pénétrer le neurotransmetteur libéré.
- La membrane plasmique du neurone post synaptique. Elle contient les molécules servant de récepteur auxquels les neurotransmetteurs vont se
lier
.
Plus une région du système nerveux est complexe, plus un neurone lui appartenant est en connection avec d’autres neurones. Ainsi, un neurone dans le cerveau peut recevoir de dizaines de milliers de synapses.
-les neurotransmetteurs
Ce sont éléments essentiels du fonctionnement du système nerveux. Ils en existent plusieurs :
-
l’acétylcholine
-les
monoamines : la dopamine, la noradrénaline, l’adrénaline
- la sérotonine qui joue un rôle dans les états de conscience et l’humeur
-les peptides
-les endorphines et les enképhalines. Les récepteurs des endorphines se situent dans les zones qui reçoivent les informations liées à la douleur et dans l’hypothalamus, qui est , comme nous
l’avons vu dans un chapitre précédent, la zone du cerveau intervenant dans les humeurs et les émotions.
-l’acide gamma aminobutyrique qui agit comme un neurotransmetteur inhibiteur dans le cerveau
Ces neurotransmetteurs ont chacun des spécialités particulières et un rôle précis. Nous allons voir que ces substances sont générées par les vésicules des synapses. Certains se trouvent aussi dans d’autres parties du corps. Enfin, ces molécules existent aussi dans la nature et peuvent être introduites dans le corps humain.
Les hormones ont aussi une action sur le système nerveux.
Examinons le cas de la soif .La sensation de soif apparaît lorsqu’une région particulière de l’hypothalamus est sollicitée, ou électriquement à l’occasion d’expérience en laboratoire, ou plus naturellement lorsqu’une substance chimique y parvient , l’angiotensine. Celle-ci est produite dans le sang lorsque le rein libère une enzyme particulière
La même sensation de soif apparaît aussi chez le rat lorsque cette substance est injectée dans le sang.
Voyons maintenant le phénomène de la douleur.
La douleur est une sensation désagréable ressentie physiquement ou psychiquement Les douleurs peuvent en effet est aussi d’ordre psychologique
Les récepteurs spécifiques de la douleur sont des terminaisons nerveuses appelées nocicepteurs. Ils réagissent aux stimuli nocicepteurs. Ils sont situés aux extrémités des neurones afférents sensitifs dont les corps cellulaires se trouvent dans les ganglions rachidiens et dont l’axone pénètre dans la corne postérieure de la moelle épinière. Le message douloureux remonte le long du nerf sensitif pénètre dans la moelle épinière, remonte jusqu’au cerveau ,et est dirigé sur deux endroits : ou une zone du tronc cérébral ou au thalamus en passant par l’hypothalamus. Puis, les informations sont transmises par de nouveaux neurones vers les aires sensitives du cortex cérébral, en particulier dans la région frontale.
Voila pour le circuit .Voyons maintenant la chimie de la douleur. Des médiateurs chimiques sont des intermédiaires entre les stimuli douloureux et les nocicepteurs. Ces substances sont l’histamine , la sérotonine, l’acétylcholine, la bady kinine, le potassium.
Il en est une autre qui agit plus haut au niveau de la moelle épinière. Il s’agit de la substance P, un peptide long de 11acides aminés
L’organisme n’est pas passif devant la douleur. Des voies nerveuses descendant du tronc cérébral libèrent des substances analgésiques, les enképhalines et les endorphines qui inhibent la production de la substance P.
La morphine extraite du pavot produit les mêmes effets. Les sumériens l’avait d’ailleurs expérimenté 4000 ans avant notre ère.
Les synapses de la douleur sont ainsi bloqués.
Ainsi, nous sommes de simples mammifères sous la dépendance de substances chimiques. Le plaisir est transmis par la DOPAMINE et les morphines endogènes ( endorphines). La punition et la souffrance sont transmises par la sérotonine. La survenue d’un danger provoque l’activation du système sympathique par les glandes médullosurrénales. Le comportement de l’individu peut être agressif et dominant, ou de fuite et de soumission, induit par la libération d’hormone corticosurrénale,
( voir l’article » le rôle majeur des émotions par Philippe VERNIN et JEAN DIDIER VINCENT ? Sciences et Vie n 195)
Nous avons vu qu’il y a déjà 5000 ans ,les yogi nous affirmaient que nous n’étions composés que d’éléments se trouvant dans la nature
Conclusion
Les sensations et les comportements du mammifère sont conditionnés par la production de substances chimiques.
Ces substances chimiques ne sont pas l’exclusivité de l’homme, mais se trouvent aussi dans la nature.
L’ingestion ou l’injection de ces substances peuvent modifier les sensations et les réactions de l’être humain.
Sans oublier le système endocrinien
Dans l’examen de l’arbre des causes qui a conduit ZIDANE à cette action, seules les glandes surrénales nous intéressent.
Aussi, nous ne ferons qu’un rapide survol du système endocrinien. Son rôle est de libérer des hormones dans le système sanguin. Les hormones sont les principaux régulateurs du métabolisme, de la croissance et du développement, et de l’équilibre des constantes du corps (homéostasie).
Les glandes endocrines
-L’hypophyse.est située au centre du cerveau, prêt de l’hypothalamus. Elle stimule la croissance et régule l’activité des autres
glandes
- La glande pinéale ou épiphyse située sous le diencéphale règle le développement reproductif.
-La thyroïde est, située dans la gorge. Elle règle la croissance et la réactivité du système nerveux. Elle réduit le niveau de calcium dans le
sang.
-La glande parathyroïde, proche de la glande thyroïde règle l’équilibre du calcium et du phosphate
dans le sang.
-Les glandes surrénales sont situées comme leur nom l’indique au dessus des reins. Elles règlent l’absorption du sodium et de l’eau et contribuent à la résistance au stress.
-Le pancréas situé dans l’abdomen règle le niveau de glucose dans le sang.
-Les ovaires situés dans le bas ventre chez la femme produisent les hormones sexuelles féminines.
-Les testicules situés dans le bas ventre de l’homme produisent l’hormone sexuelle mâle.
la carte cognitive du coup de tête de Zidane
« Dérangez l’origine du faisceau, vous changez l’animal »
D.DIDEROT Éléments de physiologie.